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Archives 2010

par Michel Waldschmidt - 24 janvier 2011

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INDE ET ASIE CENTRALE ET DE L’OUEST

La région dont je suis Responsable Scientifique Régional au CIMPA s’étend de l’Irak à l’Inde, en passant par l’Iran, le Pakistan, le Népal et le Bhoutan. Cette répartition doit plus à mes relations avec les collègues de ces pays qu’à une décision délibérée, mais elle me convient. Les situations sont extrêmement diverses.

IRAK

L’Irak est un des nombreux pays dans lesquel les universitaires ont eu longtemps la vie difficile ; c’est loin d’être fini pour la plupart d’entre eux, mais le Kurdistan Irakien offre une porte d’entrée pour contribuer à développer les mathématiques dans tout le pays. Les soutiens de l’Ambassade de France à Baghdad et du Consulat de France à Erbil ont été constants, durables et précieux. Suite à la première conférence franco-irakienne en mathématiques à l’Université Slahaddin , soutenue par le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Irak et par le CIMPA, qui s’est tenue à Erbil en novembre 2009, une dynamique se met en place à l’Université Salahaddin d’Erbil, avec des séminaires hebdomadaires sur des thèmes précis, des visites scientifiques de haut niveau d’Universitaires kurdes irakiens en France et des missions d’enseignement de mathématiciens français à Erbil ou Duhok. Le CIMPA joue pleinement son rôle dans ce processus : les financements sont apportés par d’autres partenaires, le CIMPA pilote les actions scientifiques grâce à son expertise. Des projets d’école de recherche CIMPA sont à l’étude : la première a été soumise au conseil scientifique du CIMPA pour 2012, une autre est envisagée pour 2013. L’accueil de boursiers irakiens qui vont poursuivre leur études en France est une part importante de ce processus : nous évitons de disperser les jeunes concernés, au contraire nous souhaitons développer des pôles de coopération.

Des workshops sont organisés régulièrement au Kurdistan Irakien. Le premier, animé par Caucher Birkar, s’est tenu à l’Université Salahaddin, du 25 novembre au 3 décembre 2010. Les suivants sont prévus en janvier 2011 à l’Université Salahaddin (par Reza Sazeedeh, algèbre commutative), en février 2011 à l’Université de Duhok (par Michel Jambu, topologie) et en avril 2011 à l’Université Salahaddin (par Alain Faisant, théorie de Galois).

Une conférence internationale pour revivifier la recherche au Kurdistan a été organisée à Erbil du 14 au 16 décembre 2010 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche du Gouvernement Régional Kurde. Un rapport précise les propositions qui ont été faites à cette occasion pour développer les mathématiques dans cette région, avec le soutien du CIMPA.

La coordination de ces différentes activités est assurée par Mohammad Eftekhari en France et Fatima Aboud (Diyala University) en Irak.

IRAN

Les circonstances politiques en Iran font que les ambitieux projets (notamment le Master Irano-Européen), qui se développaient, pour la plus grande satisfaction de tous les partenaires, doivent être mis en sommeil.
L’école initialement prévue à l’IPM de Téhéran fin juin 2009 a été reportée, elle s’est tenue en septembre 2010 à Istanbul, avec une participation (notamment de jeunes iraniens) voisine de ce qui avait été initialement prévu. Nous sommes reconnaissants aux collègues turcs et au TUBITAK d’avoir accepté de prendre en charge cette organisation. À la suite de cette école, un projet de coopération entre des mathématiciens d’Iran et de Turquie se met en place, avec la participation du CIMPA.

Les deux propositions d’écoles de recherche du CIMPA pour 2011 en Iran, que le conseil scientifique avait validées fin 2009, n’ont pas pu être programmées. Néanmoins, les liens scientifiques avec nos collègues iraniens restent forts, il faut attendre des temps meilleurs pour relancer des activités comme celles que nous avions dans ce pays.

PAKISTAN

Le Pakistan est aussi un pays dans lequel les questions de sécurité posent des problèmes. Comme pour les projets en Iran, l’école de recherche proposée pour 2011 à l’Abdus Salam School of Mathematical Sciences (ASSMS) de Lahore et validée par le Conseil Scientifique du CIMPA fin 2009 n’a finalement pas été retenue. Cela n’empêche pas la coopération de se poursuivre, notamment avec l’ASSMS . Son énergique et généreux directeur, Alla Ditta Raza Choudary, a financé sur ses fonds propres la participation de plusieurs jeunes étudiants de son institut à l’école de recherche du CIMPA qui eu lieu à Kathmandu en juillet 2011.

Les contacts étroits que nous avons avec l’Ambassade de France au Pakistan nous permettront de bénéficier de leurs conseils sur l’opportunité de relancer des activités sur place.

Un workshop est prévu à Skardu fin septembre 2011, suivi par des cours donnés à l’ASSMS par les participants à ce workshop pendant tout le mois d’octobre 2011.

NEPAL

La toute première activité du CIMPA au Népal a été une école de recherche "Théorie des nombres en cryptographie et applications", qui s’est tenue du 19 au 31 juillet 2010 à Kathmandu University, School of Sciences (Mathematics Group), Dhulikhel. Cette école a été reconnue comme une manifestation satellite du Congrès International des Mathématiciens ICM 2010. L’organisation de cette école nous a donné l’occasion de connaître la réalité sur place, avec le contraste si fréquent entre l’enthousiasme des collègues et des étudiants d’une part, le manque de soutien des autorités locales d’autre part. Cela n’a pas facilité la mise en place de ce projet, mais ce sont précisément les circonstances dans lesquelles le rôle du CIMPA peut être le plus utile. Pour assurer le suivi de l’école de recherche du CIMPA qui s’est tenue en juillet, un atelier est prévu en 2011, analogue à la National School on Cryptography and Number Theory NSNTC2009 qui s’était tenue du 26 décembre 2009 au 5 janvier 2010 à l’Université de Kathmandu, en préparation à l’école de recherche du CIMPA.

BHUTAN

Les échanges avec les mathématiciens travaillant au Bhoutan ne sont pas faciles : la volonté d’ouverture qu’affichent les collègues quand on les rencontre se heurte apparemment à des contraintes bureaucratiques dont l’ampleur est inégalée. Il faut être patient... et persévérer. Deux jeunes mathématiciens originaires du Bhoutan ont bénéficié d’une subvention du CIMPA pour participer à la National School on Cryptography and Number Theory NSNTC2009, ils ont reçu une invitation similaire pour participer à l’école CIMPA en juillet 2010, mais ne sont pas venus.

INDE

Le sous-continent Indien offre une immense diversité. Certains centres ont encore besoin de l’aide que le CIMPA apporte traditionnellement aux pays en voie de développement, et des projets d’école de recherche sont en train d’être envisagées pour 2013. D’autres sont des partenaires à part entière. Le soutien apporté par le NBHM (National Board for Higher Mathematics), qui finance les voyages de certains jeunes mathématiciens indiens participant à des écoles de recherche dans la région, est précieux, il va dans le sens du développement actuel du CIMPA (des accords similaires sont mis en place avec d’autres pays).

Le Congrès International des Mathématiciens ICM 2010 qui s’est tenu en août 2010 à Hyderabad a projeté un phare sur les mathématiques de ce pays, et plus généralement sur celles de toute la région.

Mis à jour le 31/12/2010.

Michel Waldschmidt